Thomas Fatôme : Quand les professionnels de santé collaborent étroitement avec l’Assurance Maladie

Dans un contexte marqué par des défis financiers croissants et une demande accrue en matière de santé publique, la collaboration entre les professionnels de santé et l’Assurance Maladie s’impose comme un levier incontournable pour garantir l’accès aux soins. Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam), incarne cette volonté de rapprochement et d’échange constructif. Les négociations récemment engagées avec les syndicats représentatifs des médecins libéraux, au lendemain d’un mouvement social notable, illustrent la complexité mais aussi la détermination à construire une offre de soins adaptée aux besoins des patients. En 2025, les discussions portent non seulement sur la revalorisation des consultations et actes médicaux, mais également sur des projets innovants tels que les assistants médicaux ou l’amélioration des outils numériques de coordination médicale. À travers ces efforts conjoints, la maîtrise de la gestion des dépenses de santé se conjugue avec la préservation d’un système solidaire, dans lequel la transparence des relations professionnelles joue un rôle crucial face à la montée des attentes en matière de qualité et de reste à charge.

Le contexte actuel des relations entre Thomas Fatôme et les professionnels de santé : enjeux et perspectives

Depuis le début de 2025, l’Assurance Maladie conduite par Thomas Fatôme a engagé un cycle de dialogues intensifs avec les syndicats médicaux pour répondre à un état d’esprit tendu, suite à un mouvement de grève ayant mis en lumière des inquiétudes quant à la pérennité du cadre conventionnel. Le directeur général souligne l’importance capitale de ce cadre qui constitue le pilier des relations entre médecins libéraux et Assurance Maladie. Il insiste sur la nécessité d’une convention stable et transparente pour soutenir tant les professionnels de santé que les patients.

En effet, la convention médicale adoptée en 2024, signée par la majorité des syndicats représentatifs, prévoit une enveloppe d’1,6 milliard d’euros destinée à revaloriser les consultations (avec notamment le passage à 30 euros pour le médecin généraliste) et à renforcer les actes techniques. Cette mesure vise à améliorer l’attractivité de la profession, maîtresse dans l’offre de soins. Pour 2025, 1,1 milliard d’euros a déjà été mobilisé, et 390 millions d’euros sont attendus en 2026 pour poursuivre cette dynamique.

Voici les principaux axes abordés dans ce cadre :

  • Maintien du cadre conventionnel : un engagement ferme contre toute remise en cause du système conventionnel, essentiel pour la stabilité des relations contractuelles.
  • Répartition budgétaire claire : une enveloppe financière conséquente destinée à récompenser les efforts des médecins dans divers secteurs cliniques.
  • Prise en compte des attentes des professionnels : écoute attentive des revendications exprimées lors du mouvement social.
  • Engagement en faveur de l’accès aux soins : un objectif partagé de garantir la disponibilité des soins pour tous les patients, un défi important dans un contexte de vieillissement de la population et d’allongement des pathologies chroniques.

Ce contexte de négociations s’accompagne également d’un travail sur des indicateurs permettant de mesurer l’impact des dispositifs mis en place. Le dialogue conventionnel devient ainsi un instrument de gouvernance qui cherche à concilier pertinence des prescriptions médicales et maîtrise des dépenses.

Renforcer la coordination médicale : un enjeu clé porté par Thomas Fatôme et l’Assurance Maladie

La coordination entre les différents acteurs de santé est une priorité inscrite dans le projet porté par Thomas Fatôme. Cette coordination vise à répondre aux difficultés d’accès aux soins tout en assurant une gestion efficiente des ressources de santé. Le système français, connu pour sa complexité et son abondance d’acteurs, doit s’adapter en mettant en place des outils facilitant la communication entre les professionnels.

Plusieurs dispositifs illustrent les avancées en ce sens :

  1. Les équipes de soins spécialisées : une quarantaine de groupes multidisciplinaires sont déjà opérationnels, réunissant médecins, infirmiers et autres professionnels pour une prise en charge globale.
  2. Les assistants médicaux : engagés sous la responsabilité des médecins, ils contribuent à délester ces derniers des tâches administratives et à améliorer la qualité de suivi médical.
  3. Le nouveau forfait médecin traitant : avec un volet prévention renforcé, ce forfait encourage une approche proactive pour la gestion des maladies chroniques et la coordination du parcours patient.
  4. Les outils numériques : le dossier médical partagé (DMP), l’ordonnance numérique, et les applications liées à la carte Vitale facilitent l’échange d’informations et la continuité des soins.

La mise en œuvre et l’optimisation de ces dispositifs exigent une collaboration étroite entre les professionnels de santé et l’Assurance Maladie, afin d’adapter l’offre de soins en fonction des réalités du terrain. Thomas Fatôme évoque la nécessité de simplifier l’utilisation du DMP, qui connaît un usage croissant malgré les réticences initiales, pour qu’il devienne un réflexe naturel pour près de 50 000 médecins libéraux actifs.

Quelques chiffres clés témoignant de cette évolution :

Indicateur Chiffres 2024-2025
Nombre de médecins alimentant le DMP au moins une fois 50 000
Nombre de médecins consultant le DMP 35 000
Documents déposés dans le DMP 116 millions
Nombre total de DMP alimentés 27 millions

Un effort particulier est demandé sur l’ergonomie et l’accessibilité de ces instruments numériques. La « vague 2 » du Ségur du numérique illustre cette dynamique en proposant des améliorations structurantes, avec l’objectif d’en faire un levier au service des professionnels et non une contrainte.

Gestion des dépenses de santé : stratégies et mesures discutées sous l’impulsion de Thomas Fatôme

L’une des préoccupations majeures dans le pilotage du système de santé demeure la gestion efficiente des dépenses, un domaine dans lequel l’Assurance Maladie, sous la direction de Thomas Fatôme, joue un rôle central. L’équilibre financier est essentiel pour assurer la pérennité et la qualité des soins accessibles à tous, limitant ainsi le reste à charge des patients.

Les discussions avec les syndicats médicaux intègrent plusieurs dimensions relatives à la maîtrise des coûts :

  • Analyse économique des tarifs : pour mieux adapter les rémunérations aux coûts réels des actes médicaux et éviter les anomalies tarifaires pouvant engendrer des « rentes » injustifiées.
  • Contrôle des arrêts de travail : la mise sous objectifs (MSO) cible principalement une minorité de prescripteurs afin de lutter contre les abus sans pénaliser la majorité des professionnels respectueux.
  • Encadrement des dépassements d’honoraires : discussions sur la gestion de l’Optam et les modalités d’évolution pour garantir la transparence et limiter les inégalités d’accès.
  • Pertinence des prescriptions : une attention particulière portée à l’imagerie médicale et aux actes techniques pour s’assurer de leur justesse clinique et économique.

Cette maîtrise presqu’équilibrée repose aussi sur la transparence des indicateurs, publiée pour la première fois en 2025, donnant aux acteurs une vision claire et objective des pratiques. Thomas Fatôme appelle à un dialogue imprégné de confiance pour renforcer ces leviers et détecter finement les anomalies sans stigmatiser les professionnels.

Postes budgétaires liés à la convention médicale Montant engagé en 2025 Part prévue en 2026
Revalorisation des consultations générales 700 millions € 250 millions €
Augmentation des actes techniques et spécialisés 400 millions € 100 millions €
Forfait médecin traitant (prévention) 20 millions € 40 millions €
Dispositifs d’accompagnement et assistants médicaux 10 millions € 0 millions €

La problématique du reste à charge reste également primordiale. En améliorant la pertinence des prescriptions et en renforçant la coordination, l’objectif est de réduire les dépenses superflues et de garantir des soins accessibles sans renoncement pour les patients, notamment les plus fragiles.

Les outils numériques au cœur de la collaboration entre professionnels de santé et Assurance Maladie

Le numérique est désormais au centre de la stratégie de collaboration entre les professionnels de santé et l’Assurance Maladie. Thomas Fatôme insiste sur le fait que ces outils doivent faciliter et non encombrer l’activité des médecins. Depuis plusieurs années, des efforts conséquents sont menés pour accroître l’adhésion des acteurs à ces plateformes numériques.

Les dispositifs phares incluent :

  • Dossier médical partagé (DMP) : véritable carnet de santé électronique, il permet une circulation fluide des informations médicales.
  • Ordonnance numérique : simplification et sécurisation des prescriptions, réduction des erreurs et meilleure traçabilité.
  • Applications mobiles liées à la carte Vitale : facilité d’accès aux droits, prise de rendez-vous et gestion administrative simplifiée.

Malgré ces avancées, quelques résistances persistent notamment liées à l’ergonomie ou à la crainte de sanctions, comme cela avait été envisagé pour le DMP. Le Conseil constitutionnel a annulé certaines mesures coercitives, et l’Assurance Maladie privilégie désormais l’incitation à l’usage par un accompagnement personnalisé et une simplification des interfaces.

Par ailleurs, dans le cadre des discussions en cours, la généralisation du dispositif SOS IJ (Soutien aux médecins pour les indemnités journalières) est prévue, offrant aux praticiens un accompagnement sur la gestion des arrêts de travail et la coordination avec la médecine du travail. Cet outil reflète la volonté de construire une collaboration efficace et respectueuse entre Assurance Maladie et médecins.

Construction d’une offre de soins dynamique : enjeux partagés entre Thomas Fatôme et les professionnels de santé

Le défi premier pour Thomas Fatôme et l’Assurance Maladie est de garantir un accès aux soins équitable dans un contexte sociétal en profonde mutation. Plusieurs axes sont déployés en collaboration étroite avec les professionnels :

  • Déploiement des équipes pluridisciplinaires : favorisant la continuité et la complémentarité des soins.
  • Promotion de la prévention : par le biais du forfait médecin traitant et d’actions ciblées sur les populations à risque.
  • Adaptation de la nomenclature des actes médicaux : travail de hiérarchisation des actes cliniques avec une enveloppe financière dédiée.
  • Réduction des inégalités géographiques et sociales : par des dispositifs incitatifs et une meilleure gestion des ressources.

En 2025, cet engagement se traduit également par la poursuite des accords signés avec d’autres professions médicales, comme les dentistes et les masseurs-kinésithérapeutes, afin d’offrir une prise en charge coordonnée et de renforcer l’efficacité globale du système de santé.

L’essor des assistants médicaux et la volonté de renforcer les offres en zones sous-dotées figurent parmi les priorités pour faire face à la demande croissante et assurer la pérennité du modèle français. Thomas Fatôme insiste sur la nécessité d’un climat de confiance et de sérénité dans les échanges pour permettre ces évolutions dans les meilleures conditions.

Actions emblématiques en faveur de la santé publique et du reste à charge

  • Mise en place d’outils numériques pour améliorer la pertinence et réduire le reste à charge.
  • Financement progressif des consultations à tarifs conventionnels pour accroître l’accès.
  • Extension des forfaits dédiés à la prévention et à la coordination du parcours de soins.
  • Suivi rapproché des indicateurs qualité pour mesurer l’impact des dispositifs.

Tableau récapitulatif des mesures 2025 de l’Assurance Maladie et des professionnels de santé

Mesure Objectif Montant engagé Impact attendu
Revalorisation des consultations Amélioration de l’attractivité des médecins généralistes 1,1 milliard € Renforcement de l’offre de soins de proximité
Déploiement assistants médicaux Délester les médecins sur la gestion administrative 10 millions € Augmentation de la qualité et du temps médical
Forfait prévention médecin traitant Réduction des maladies chroniques et prévention 60 millions € Meilleure coordination et suivi des patients
Optimisation nomenclature actes médicaux Rationalisation des coûts et mise à jour des tarifs 240 millions € Adaptation aux évolutions des pratiques cliniques

Questions fréquentes sur la collaboration entre Thomas Fatôme, les professionnels de santé et l’Assurance Maladie

Quels sont les principaux enjeux de la collaboration entre Thomas Fatôme et les professionnels de santé ?

Les enjeux majeurs concernent la garantie d’un accès aux soins pour tous, la maîtrise des dépenses de santé, et la qualité des soins à travers une coordination renforcée et des outils adaptés.

Comment la revalorisation des consultations impacte-t-elle l’offre de soins ?

Elle permet d’améliorer l’attractivité des médecins, notamment généralistes, en valorisant leur travail et en augmentant les moyens dédiés aux actes, ce qui favorise une meilleure disponibilité pour les patients.

Quels outils numériques sont prioritaires dans la stratégie de l’Assurance Maladie ?

Le dossier médical partagé (DMP), l’ordonnance numérique et les applications liées à la carte Vitale sont au cœur de cette stratégie pour faciliter le travail des médecins et assurer un meilleur suivi du patient.

Comment les discussions avec les syndicats impactent-elles la gestion des arrêts de travail ?

Les mises sous objectifs sont ciblées pour éviter les abus tout en accompagnant les médecins dans leur gestion des arrêts grâce au dispositif SOS IJ, assurant un équilibre entre contrôle et respect des praticiens.

Quels sont les projets futurs pour renforcer l’offre de soins ?

Poursuite du développement des équipes pluridisciplinaires, amélioration des forfaits prévention, et adaptation continue des nomenclatures médicales en fonction des besoins et avancées cliniques.

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