Cercle de l’Épargne : « L’assurance vie en plein essor avant le choc de la guerre en février »

Avant que le conflit géopolitique majeur ne bouleverse le paysage économique, l’assurance vie enregistrait une progression remarquable, confortant sa place de premier choix pour l’épargne des ménages. En début d’année, la confiance des épargnants dans ce produit d’investissement a été stimulée par des rendements attractifs, une stabilité relative des marchés financiers, et une baisse des taux sur d’autres formes d’épargne réglementée. La collecte nette de l’assurance vie a ainsi atteint un niveau historique en février, traduisant un véritable engouement malgré la montée des incertitudes internationales.

Cette dynamique favorable s’est construite dans un contexte où les Français, confrontés aux changements économiques et aux tensions mondiales, cherchent à sécuriser leur patrimoine tout en bénéficiant de perspectives de gains supérieures à celles offertes par le Livret A et autres produits classiques. L’étude du Cercle de l’Épargne révèle que l’assurance vie, notamment via les supports en unités de compte, a su capter massivement les capitaux, malgré un environnement boursier qui commençait à montrer quelques signes de volatilité en ce début d’année 2026.

Ainsi, avant le déclenchement de la guerre en Iran fin février, l’assurance vie consolidait son rôle d’outil d’épargne de long terme, avec des flux nets de collecte inégalés depuis plusieurs années. Ce phénomène témoigne à la fois d’une confiance solide des épargnants et d’une volonté d’adapter leurs stratégies d’investissement face à des perspectives économiques incertaines. Il sera cependant intéressant d’observer dans les mois à venir comment cette confiance résistera aux effets conjoints des tensions géopolitiques et de l’évolution des marchés financiers.

Des flux d’investissement record : l’assurance vie sous les projecteurs en début 2026

Le début de l’année 2026 a mis en lumière une tendance significative dans le domaine de l’épargne : l’assurance vie connaît un essor exceptionnel, avec une collecte nette qui dépasse largement les standards habituels. En janvier, les flux entrants ont atteint 6,2 milliards d’euros, et ils ont encore augmenté en février, culminant à 7,1 milliards d’euros. Cette progression importante s’inscrit dans un contexte où l’économie mondiale commence à subir les premiers effets du risque géopolitique, sans pour autant freiner l’appétit des épargnants pour ce produit.

Cette augmentation se distingue notamment par l’essor des unités de compte, impulsées par des performances encourageantes sur les marchés financiers en début d’année. Ces supports, qui représentent une composante dynamique de l’assurance vie, ont recueilli 5,2 milliards d’euros de collecte nette en février, démontrant un regain d’intérêt pour les investissements offrant un rendement potentiel supérieur à celui des fonds euros traditionnels. Ceux-ci, dont la collecte nette s’élève à 1,8 milliard d’euros, restent néanmoins plébiscités pour leur sécurité accrue, notamment dans un climat financier instable.

Le Directeur du Cercle de l’Épargne, Philippe Crevel, souligne que cette tendance est particulièrement remarquable compte tenu de la volatilité croissante des marchés boursiers. Un phénomène qui illustre bien la capacité des ménages français à diversifier leurs placements et à privilégier une allocation équilibrée entre sécurité et rendement. L’assurance vie apparaît ainsi comme une solution résiliente qui combine une protection du capital à court terme tout en offrant des opportunités de gains à moyen et long terme.

Enfin, ce bond des souscriptions renforce la position dominante de l’assurance vie sur le marché français de l’épargne, avec un encours qui a dépassé les 2 140 milliards d’euros à la fin février. Cette croissance constante souligne l’importance de ce produit dans la stratégie financière des ménages, face à des alternatives d’épargne réglementée dont les taux deviennent moins attractifs.

L’impact de la baisse du Livret A et la montée en puissance des supports en unités de compte

La conjoncture d’épargne en début d’année 2026 se caractérise par une rupture notable dans le comportement des ménages face aux produits d’épargne classiques. La baisse récente du taux du Livret A, de 1,7% à 1,5%, a entraîné un changement dans les flux financiers, avec une décollecte de 740 millions d’euros sur ce livret en janvier. Ce phénomène a contribué à diriger une part importante de cette épargne vers l’assurance vie, confirmant l’attractivité accrue de ce produit face à une épargne réglementée moins rémunératrice.

La capacité de l’assurance vie à offrir des rendements attractifs, notamment via les fonds en euros qui ont affiché une moyenne de 2,8% en 2025, et certains contrats dépassant 3,5%, explique en partie cet engouement. Les ménages sont ainsi incités à transférer une partie de leur épargne vers des supports qui associent un rendement potentiel supérieur à une relative sécurité. Les unités de compte, qui composent désormais 41 % des cotisations en février, sont un vecteur clé de cette mutation.

Les avantages des unités de compte dans un contexte incertain

Ces supports, investis principalement en actions, obligations ou actifs diversifiés, permettent à l’épargnant de rechercher des performances plus élevées qu’avec les fonds euros tout en acceptant un certain niveau de risque. Cette flexibilité est particulièrement appréciée dans un contexte où les tensions géopolitiques, comme la guerre en Iran, ajoutent un niveau d’incertitude élevé sur les marchés mondiaux.

Les investisseurs profitent ainsi d’une diversification accrue et d’une gestion plus active de leur patrimoine, un atout crucial lorsque les marchés financiers montent ou fléchissent en réaction aux événements internationaux. Malgré la volatilité, l’assurance vie a réussi à limiter la décollecte sur les unités de compte à un niveau très faible lors des crises précédentes, notamment durant la pandémie et le conflit en Ukraine, grâce à la fidélité des souscripteurs.

Par ailleurs, les supports en euros continuent d’attirer des capitaux grâce à leur profil sécuritaire, valeur refuge dans une période marquée par des risques géopolitiques élevés. Cette complémentarité entre sécurité et dynamisme contribue à renforcer la confiance des épargnants, qui cherchent à équilibrer rendement et protection de leur capital.

Les cotisations brutes et prestations : un équilibre crucial face aux évolutions du marché financier

Un autre indicateur clé de la santé du marché de l’assurance vie réside dans le suivi des cotisations brutes et des prestations versées. En février 2026, les cotisations ont atteint un niveau record de 19,5 milliards d’euros, dépassant celles enregistrées en janvier (19,1 milliards d’euros). Cette performance solide est largement alimentée par une hausse des cotisations en unités de compte (+20% par rapport à février 2025), ainsi que par une croissance des supports en euros (+13%).

Cette augmentation témoigne d’un intérêt renouvelé pour l’assurance vie, où les épargnants injectent des sommes importantes, convaincus par la stabilité et la promesse de valorisation de leur investissement. L’importance des unités de compte dans ces cotisations indique une volonté marquée de participer plus activement à la dynamique des marchés financiers, tout en bénéficiant de la structure fiscale avantageuse de l’assurance vie.

Côté prestations, elles ont connu une hausse de 8% en février par rapport à l’année précédente, s’élevant à 12,5 milliards d’euros. Cette progression s’explique principalement par une augmentation des retraits ou rachats sur les unités de compte (+16%), reflétant une gestion plus active des portefeuilles de la part des investisseurs. Les prestations sur fonds euros ont également augmenté, mais de manière plus modérée (+6%), ce qui reste cohérent avec la fonction d’épargne plus défensive que ces produits remplissent.

Il s’agit donc d’un équilibre entre investissement et liquidité, où les épargnants gèrent leurs besoins financiers tout en maintenant une confiance globale dans l’assurance vie. Cette tendance est cruciale dans un contexte géopolitique fragile, où la prudence et la recherche de rendement cohabitent.

Assurance vie et choc géopolitique : anticiper les conséquences de la guerre d’Irak

Le déclenchement de la guerre en Iran, fin février, a constitué un choc pour les marchés financiers mondiaux, redistribuant les cartes de l’investissement. La montée des tensions a introduit une volatilité accrue, incitant certains épargnants à privilégier des placements plus sécuritaires, comme le Livret A, producteur de liquidités immédiates sans risque de perte du capital.

Philippe Crevel souligne toutefois que, malgré cette situation, l’effondrement de la confiance dans l’assurance vie reste limité. En périodes de crise, les investisseurs français démontrent une certaine fidélité à ce placement, qui offre des garanties solides sur les fonds euros et une gestion adaptée sur les unités de compte. Le précédent des crises récentes, notamment la pandémie et la guerre en Ukraine, illustre cette résilience.

Par ailleurs, le contexte de hausse des taux d’intérêt des obligations souveraines, liée à l’anticipation d’une inflation croissante, a un double impact sur les fonds euros. Une progression modérée des taux favorise les rendements, améliorant l’attrait de ces contrats sécurisés. En revanche, une montée trop rapide dégraderait la valeur du portefeuille obligataire historique, induisant un risque pour la performance globale.

Ces mécanismes expliquent pourquoi l’assurance vie peut à la fois sembler exposée aux risques mais aussi constituer un refuge relatif dans un marché financier en tension due au risque géopolitique. Ainsi, le ciment de la confiance des épargnants repose sur cette capacité à gérer et à amortir les effets d’une guerre sur leur épargne.

Anticiper l’avenir de l’épargne : vers un transfert massif des anciens PEL vers l’assurance vie

Un changement structurel majeur se profile dans le paysage de l’épargne en France, avec la fermeture programmée des plans d’épargne logement (PEL) ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, près de 3,2 millions de ces contrats, représentant un encours total de 93 milliards d’euros, arriveront à échéance. Cette échéance pourrait provoquer un important transfert de capitaux vers l’assurance vie, qui représente une solution attractive à bien des égards.

L’assurance vie propose, en effet, une combinaison de rendements plus élevés, une fiscalité avantageuse et un capital garanti grâce aux fonds euros. Ces atouts sont particulièrement recherchés par les détenteurs de PEL, souvent à la recherche d’un placement sûr et performant face à des perspectives économiques incertaines. Cette tendance est d’autant plus probable que l’assurance vie profite déjà d’une notoriété élevée et d’une large base d’épargnants aguerris.

On peut s’attendre à ce que l’assurance vie devienne ainsi la destination privilégiée pour cette masse de capitaux en quête de rendement et de sécurité. À plus long terme, cette évolution pourrait renforcer encore davantage la position de l’assurance vie comme pilier incontournable de l’épargne française, dans un contexte marqué par la montée des risques géopolitiques et financiers.

Voici une liste des raisons principales qui rendent l’assurance vie particulièrement adaptée à ce transfert :

  • Rendement compétitif supérieur aux autres produits d’épargne réglementée.
  • Flexibilité dans les supports d’investissement, incluant fonds euros et unités de compte.
  • Avantages fiscaux notamment en cas de transmission de patrimoine.
  • Garantie partielle du capital via les fonds euros, sécurisant le placement.
  • Gestion diversifiée qui offre un équilibre entre risque et performance.
Produit d’épargne Rendement moyen 2025 (%) Niveau de risque Fiscalité principale Encours estimé en milliards d’euros
Assurance vie (fonds euros) 2,8 – 3,5 Faible Avantageuse après 8 ans 2 140
Assurance vie (unités de compte) Variable selon marché Moyen à élevé Avantageuse après 8 ans Non disponible
Livret A 1,5 Très faible Exonération fiscale 350
PEL (anciens plans) Variable (en baisse) Faible Fiscalité favorable mais évolutive 93

En quoi l’assurance vie est-elle un placement privilégié pour les Français en 2026 ?

L’assurance vie combine sécurité avec les fonds euros et potentiel de rendement via les unités de compte. Sa fiscalité attractive et son adaptation aux besoins des épargnants en période d’incertitude en font une solution de choix.

Comment la guerre en Iran a-t-elle affecté la confiance dans l’assurance vie ?

Bien que la guerre ait créé une volatilité accrue, l’assurance vie a montré une grande résilience, notamment grâce à la garantie des fonds euros et à la diversification des supports. La confiance des épargnants a été peu impactée.

Pourquoi observe-t-on une baisse des souscriptions au Livret A au profit de l’assurance vie ?

La baisse du taux du Livret A a réduit son attractivité. En parallèle, l’assurance vie offre des rendements plus élevés et une fiscalité avantageuse, attirant ainsi les capitaux déplacés du Livret A.

Quels sont les effets de la hausse des taux d’intérêt sur les fonds euros ?

Une hausse modérée des taux améliore le rendement des fonds euros. Cependant, une hausse trop rapide dégrade la valeur du portefeuille obligataire détenu, ce qui peut nuire à la performance.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *