Confinement : l’assurance auto face à moins d’accidents mais à des tarifs en hausse

Le confinement a réduit la circulation routière et, avec elle, le nombre d’accidents, entraînant une baisse notable des sinistres auto. Pourtant, malgré cette réduction de sinistres, les conducteurs voient leurs tarifs d’assurance auto augmenter. Cette situation paradoxale soulève des questions sur le marché de l’assurance, où la hausse des prix semble contredire la diminution des risques observée. Plusieurs facteurs, comme le coût élevé des réparations et l’impact économique des crises successives, expliquent cette tendance, nuançant le tableau d’une assurance auto en mutation.

L’impact du confinement sur la fréquence des accidents et les sinistres

Le phénomène est clair : depuis le début des mesures de confinement, la circulation a fortement diminué. Selon la Sécurité Routière, le nombre d’accidents a baissé de 18 %, ce qui représente pour les assureurs une baisse sensible de leur exposition au risque. Moins de collisions signifie moins de sinistres déclarés, une tendance confirmée pendant plusieurs vagues de confinement en France.

  • Réduction significative de la circulation routière.
  • Baisse de 18 % des accidents recensés depuis janvier.
  • Diminution du nombre de sinistres pour les assureurs, avec un impact direct sur leurs coûts.
Facteur Avant confinement Pendant confinement Variation
Nombre d’accidents 100% 82% -18%
Circulation routière 100% 65% -35%
Sinistres déclarés 100% 75% -25%

L’association UFC-Que Choisir dénonce un décalage des tarifs d’assurance auto

Malgré ces chiffres, les prix des primes d’assurance auto ont continué de monter. L’UFC-Que Choisir qualifie cette dynamique d’« enfumage » et souligne que les grandes compagnies d’assurance n’ont pas répercuté cette baisse du risque sur les tarifs. L’association demande le remboursement d’un trop-perçu estimé à plus de 2 milliards d’euros.

  • Peu d’assureurs ont fait un geste après le premier confinement.
  • Une demande de restitution d’au moins 50 € par automobiliste en moyenne.
  • Appel à une révision des tarifs pour refléter la baisse réelle du risque.

Les facteurs expliquant la hausse paradoxale des tarifs d’assurance auto

Pourquoi des tarifs en hausse alors que les sinistres sont moins nombreux ? Les assureurs invoquent plusieurs raisons :

  • Augmentation du coût des réparations : le prix des pièces détachées, notamment celles dotées de technologies avancées comme les phares LED, pèse lourd sur les budgets.
  • Effets de la crise économique : la pression sur les entreprises, en particulier dans la construction et la réparation automobile, se répercute sur les primes.
  • Changement dans le comportement des conducteurs : des sinistres plus coûteux en moyenne malgré leur nombre réduit.

Yves Carra, porte-parole de l’Automobile Club, a suggéré que les assureurs pourraient ajuster leurs remboursements en faveur des professionnels, ce qui expliquerait une moindre flexibilité pour les particuliers.

Comparaison des augmentations de tarifs par compagnie en 2025

Compagnie Blocage des prix Hausse prévue
Maif Oui (2025) 0%
Matmut Oui (2025) 0%
Autres grandes compagnies Non 1,5 à 2%

Suspension de l’assurance auto en période de confinement : ce qu’il faut savoir

Avec moins de déplacements et une voiture souvent remisée au garage, certains automobilistes sont tentés de suspendre leur assurance, pour économiser sur la prime d’assurance. Cette démarche est cependant illégale en France. L’article L-211-1 du Code des assurances oblige toute personne dont le véhicule est immatriculé à être assurée, même si le véhicule ne circule pas.

  • L’assurance auto est obligatoire, y compris pour les véhicules non utilisés mais immatriculés.
  • La suspension ne peut pas être décidée unilatéralement par l’assuré.
  • Le non-respect expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros.

Il faut distinguer l’arrêt de la circulation réelle du véhicule et son immatriculation administrative : même au garage, le véhicule doit rester assuré.

Comment réduire sa prime d’assurance auto malgré la hausse des prix

Pour faire face à la hausse des prix tout en restant en règle, plusieurs options sont possibles :

  • Opter pour une formule d’assurance au tiers, obligatoire et moins coûteuse que le tous risques.
  • Négocier avec l’assureur pour supprimer les options non nécessaires.
  • Privilégier un contrat basé sur le kilométrage réel parcouru, particulièrement adapté pour les véhicules peu utilisés.
  • Changer d’assureur grâce à la loi Hamon qui permet une résiliation simplifiée après un an de contrat.

Un examen attentif des garanties est indispensable, car un véhicule au garage reste exposé aux risques de vol ou d’incendie, qui peuvent ne pas être couverts par une formule limitée.

Questions fréquentes sur l’assurance auto en contexte de confinement

Le confinement justifie-t-il une baisse automatique de la prime d’assurance auto ?
Non, bien que la diminution des accidents puisse justifier une baisse, ce n’est pas automatique. Les assureurs prennent en compte d’autres facteurs comme le coût des réparations et les conditions économiques.

Puis-je suspendre mon assurance auto si je n’utilise pas mon véhicule pendant le confinement ?
Non. La loi oblige à assurer tout véhicule immatriculé, même s’il est stationné et non utilisé.

Comment obtenir un remboursement lié à la baisse des risques durant le confinement ?
Il est conseillé d’adresser un courrier à son assureur, éventuellement avec un modèle fourni par UFC-Que Choisir, pour demander une révision ou un remboursement partiel de la prime.

Quels types de contrats d’assurance auto sont recommandés pour les faibles kilométrages ?
Les contrats basés sur le kilométrage effectif sont adaptés aux conducteurs qui utilisent très peu leur voiture, permettant ainsi de réduire la prime.

Pourquoi les réparations coûtent-elles plus cher et impactent-elles l’assurance ?
Les véhicules modernes intègrent des équipements complexes comme des phares full LED ou des capteurs, ce qui augmente le temps et les coûts de réparation, se répercutant sur les primes d’assurance.

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